La littérature en otage, cela dure depuis longtemps…trop longtemps ! È u troppu stroppia !

Un article paru dans le Petit Solognot, le 12 février 2016, co-signé par  Jérôme Camilly, Antoine Ciosi, Elsa Chabrol, Marie  Ferranti, Iviu Pasquali, Jean-Claude Rogliano.

Voici un « coup de gueule » de plusieurs auteurs corses, de grand notoriété, contre ce qu’ils considèrent comme une entrave à l’accès à leur culture. Parmi ces auteurs figurent deux des nôtres. En effet Jean-Claude Rogliano et Jérôme Camilly font partie des plumes de CPE-Marivole Romorantin, société édifice du Petit Solognot et des Almanachs des Terroirs de France. 

« Cela dure depuis longtemps, trop longtemps… E ù troppu stroppia ! 

Auteurs corses publiés par des maisons d’édition continentales, nous constatons que nos livres, pourtant distribués de façon très satisfaisante dans l’hexagone, ne le sont quasiment pas sur notre île, pas un seul dans le cas de certains, alors que vous trouverez ces ouvrages traitant de la Corse dans n’importe quelle librairie type Fnac ou autre sur le continent. Pourquoi ? Curieusement, nous constatons que les auteurs publiés en Corse par certains éditeurs insulaires ne rencontrent pas ce problème. Leurs ouvrages sont normalement exposés et renouvelés dans les rayons des librairies et des supermarchés de l’île. Nous nous en réjouissons, bien sûr, mais nous nous posons quand même la question : pourquoi eux et pas nous ? Pas de réponse. Ni du distributeur qui officie seul sur le marché insulaire, ni de la part de la C.T.C. pour laquelle, lorsqu’elle organise ou participe à des projets littéraires, il semblerait que nous n’existions pas non plus.  Alors qu’on se demande s’il est tellement excessif de voir dans cette non distribution un monopole intolérable et si l’on n’est alors pas en droit de considérer ce procédé comme une entrave à l’accès à notre culture et à la circulation des idées, on regarde du côté de ce fameux distributeur qui tient entre ses mains le seul lien qui relie nos écrits à notre terre. Et l’on s’aperçoit qu’en dehors d’avoir la quasi exclusivité de la distribution des livres en Corse, il est également un des plus gros éditeurs insulaires. Protectionnisme absurde ? Ou procédé commercial peu reluisant ? Nous, auteurs corses qui revendiquons d’exister également sur notre île, nous posons la question.

La réponse nous est donnée par uns des éditeurs parisiens qui déplorent cette situation. Elle vient d’être adressée à l’un de nous qui proposait à une directrice de Calman-Lévy (Jeannine Balland) son dernier ouvrage: « Cher Monsieur, Comme je vous l’ai annoncé, je ne peux répondre favorablement à votre demande. L’une des raisons principales est que LES LIVRES [d’auteurs corses] PUBLIES EN FRANCE NE SONT PAS DISTRIBUES EN CORSE. J’en ai fait à plusieurs reprises l’expérience. Avec mes regrets, je vous prie de croire en mes meilleurs sentiments. »

AC.

petit-solognot

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