Quand culture, argent public, alcool et drogue coorganisent les festivals de l’été

Calvi, Aiacciu, Carghejse San Fiurenzu, aucune région de Corse n’est épargnée chaque année par les festivals d’une culture importée, qui n’est définitivement pas la nôtre.

Si l’ouverture sur le monde, la possibilité de découvrir de grands artistes internationaux est un bénéfice incontestable, argué par les différentes collectivités ou mairies finançant des projets de festivals, si des commerçants locaux font une grande partie de leur chiffre saisonnier grâce à ces mêmes festivals, quel en est le coût pour notre société ?

Si les journaux (Corse Matin en 2017) font état par exemple pour Calvi on the Rocks d’une sécurité renforcée (notamment pour les attaques terroristes) et de peu d’interventions des pompiers pour des malaises liés à l’alcool, des signes forts, comme la présence de l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) ou les témoignages anonymes de participants, tendraient à prouver que l’alcool et la drogue s’achètent sur les sites sans grande discrétion et en toute liberté. En guest star les drogues dures comme la cocaïne et la MDMA. Les jeunes interrogés nous ont pour la plupart tenu le même discours « je gère ». La pire réponse quand il s’agit de toxiques.

Une jeunesse qui s’enfonce toujours plus profondément dans la drogue, qui trafique pour assurer sa propre consommation, qui se coupe de sa famille, comme de toute relation saine, par amour pour le produit. Et les festivals de l’été n’arrangent rien à l’affaire.

S’il est vrai que la drogue est un problème mondial, u Ribombu s’inquiète naturellement d’avantage pour la jeunesse de Corse. Cette culture européenne importée par les festivaliers avec son lot de musique électronique et de drogues en tout genre prend chaque année plus de place en Corse, remplaçant peu à peu ce qui faisait nos étés, les villages, leurs bals, ces soirées où jeunes et vieux se défiaient en dansant, se défiaient aux boules, où ils vivaient tout simplement main dans la main donnant aux uns l’impression de ne jamais vieillir, et offrant aux autres la transmission de la langue, de la culture qui font le peuple corse historique.

Politiquement se pose également le problème d’une complicité publique inévitable, CDC, mairies et communautés de communes, subventionnant la culture, deviennent les complices malgré eux de toutes les dérives.

En témoigne le communiqué de Femu s’élevant contre l’installation de Calvi on The Rocks sur la plage de l’Alga, autorisée par l’Etat contre l’avis du conservatoire du littoral, et le soutien financier apporté par la Collectivité de Corse (dont Femu est une composante majoritaire) au même festival.

Une réflexion quant à l’utilisation de l’argent public pour subventionner ses festivals dont la culture est surtout celle de la drogue et de la beuverie devra sans doute être menée à l’Assemblée de Corse… très rapidement.

Stefanu Barbagelata

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