Tribuna Libera par Stéphane Papi

Nous avons pendant de longues années subit la stigmatisation de notre famille politique ainsi que les misérables railleries d’une partie de l’opinion insulaire jugeant alors sévèrement le nationalisme Corse. Pire que cela, en tant que fils d’un membre de l’ex FLNC, j’ai personnellement essuyé les réflexions, les allusions douteuses, la mise à l’écart et la pression stupide des gendarmes du village et des sbires de l’état Français s’amusant quotidiennement lorsque j’étais enfant à me titiller et à me rappeler à chaque occasion, que j’étais le fils d’un homme sous surveillance policière. Je ne compte plus les réveils fracassants à six heures du matin, quand les forces de l’ordre débarquaient violemment dans notre maison. Je sais bien que cela paraît anodin, mais je suis persuadé qu’une multitude de quadra insulaire appartenant comme moi à cette grande famille de la libération du peuple Corse se reconnaîtront dans ce témoignage. J’évoque passagèrement l’attitude méprisante du clan se croyant injustement à l’époque vissé ad vitam aeternam sur un trône qù’on a heureusement aujourd’hui démocratiquement récupéré !
Désormais mon paternel repose en paix avec une stèle commémorative rappelant son appartenance à l’armée de l’ombre, je suis immensément fier de lui !
Le dépôt des armes opéré en 2014 est évidement une bonhe chose pour notre île et pour nos enfants, c’est le cheminement normal d’un peuple grandissant en considérant les évolutions et les problématiques de son siècle. L’ouverture, les mains tendues et les concessions sont aussi une composante de l’installation de nos idées dans la société Corse afin d’accéder à notre souveraineté. A cet instant je ne peut pas m’empêcher de penser aux soldats tombés, à leurs familles, à leurs enfants, à leur tristesse, nous leur devons une belle Nation, nous leur devons la paix. Mais paradoxalement, je ne peux non plus m’endormir sur mes lauriers et croire naïvement qu’entre deux scrutins électoraux nous sommes parvenues à transformer des ânes en chevaux de courses. Autrement dit, comment peut ont légitiment comprendre ces retournements de vestes brutaux ayants soudainement recoloré le paysage politique insulaire d’une bandera nationaliste si conspuée jadis ?

Mais, si, mais si, je comprends …. C’est cette terrible loi du plus fort et aujourd’hui,c’est vrai, nous sommes en position de force. Mais n’oublions pas qu’une majorité silencieuse s’agite dans le commérage, la spéculation et qu’un nombre non négligeable de nouveaux Che Guevara en mocassins et en jupes courtes se préparent à nous planter copieusement un poignard dans le dos … A eux, je leur dis, restez dans vos partis politiques, car un jour où l’autre les masques finissent toujours par tomber et parfois ça fait très mal. Pour ceux qui ont été gracieusement touchés par un sentiment nouveau de liberté, je dis bienvenue et bonne chance !

Stéphane Papi

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*