Paris : ouverture d’un procès hautement politique

Ils sont 9 à comparaître devant la Cour d’Assise Spéciale de Paris, accusés d’avoir commis une série d’attentats, en 2012, dans la région du Valincu, à l’exception d’un membre de l’exécutif de Corsica Libera. En effet, Pierre Paoli, figure historique du mouvement indépendantiste, est accusé quant à lui d’être « l’ancien chef » du FLNC pour le sud de la Corse.

Les accusés ont tous fait des mois de préventive et nient les faits qui leurs sont reprochés.

Mais ce qui a changé depuis les faits, c’est la situation politique de la Corse. En 2014 tout d’abord, avec le dépôt des armes par le FLNC, fait majeur sur l’île et ensuite (en 2015) l’accession des nationalistes aux responsabilités, tant à l’Assemblée de Corse qu’au Palais Bourbon où siègent trois élus corses nationalistes sur 4. Ce dernier « grand procès » sera hautement politique d’autant que l’avocat de Pierre Paoli a fait délivrer des citations de témoins tel que le Président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni ainsi que le Président de l’Exécutif, Gilles Simeoni.

Ce procès est prévu pour durer deux semaines. Vous en retrouverez les faits marquants sur le site du Ribombu.

Corsica Libera :

En juin 2014, le FLNC prenait, de façon unilatérale et sans aucune contrepartie, la décision historique de sa sortie de la clandestinité,sortie éminemment politique qui devait faire entrer la Corse dans une nouvelle ère démocratique.
Cette position centrale voyait aussitôt le Peuple Corse désigner à 3 reprises, les organisations nationalistes pour accéder aux responsabilités.

Les dernières élections de 2015 puis les législatives de 2017 et enfin les territoriales de décembre dernier ont été des succès électoraux sans précédent en Corse. Jamais une force politique, depuis le siècle de Paoli, n’avait vu une expression démocratique affirmer ainsi la volonté des Corses de maîtriser leur destin et d’instaurer un rapport apaisé et constructif avec l’Etat français.

Corsica Libera, pierre angulaire de Per a Corsica, et avec elle l’ensemble des organisations nationalistes, n’ont eu de cesse d’appeler au règlement politique d’un conflit qui dure depuis plusieurs décennies et qui doit trouver sa résolution dans le respect de l’expression citoyenne. Cette demande est largement relayée au sein du Peuple Corse et par de nombreux élus de l’opposition.

Le FLNC, par son choix historique, ainsi que l’ensemble des organisations publiques nationalistes, ont ainsi marqué un nouveau temps de l’Histoire de la Corse.
Au-delà des appartenances partisanes, c’est bien un appel à la maturité des consciences et à la responsabilité politique qui a été lancé afin d’engager la Corse dans la construction sereine de son avenir de Peuple.

Néanmoins, dans ce contexte, des procès, dont le premier débutera le 11 juin à Paris, sont programmés dans les semaines et les mois à venir à l’encontre de militants nationalistes et concernent des faits relatifs à une période révolue de notre histoire.
Le procès de juin marque aussi à sa manière la fin d’un cycle et revêt, à ce titre une importance symbolique majeure. Il porte cependant en lui la volonté des militants concernés et bien plus largement des corses, de bâtir un nouvel avenir collectif basé sur le respect commun de l’expression démocratique que personne ne peut balayer d’un revers de la main.

Ces militants seront confrontés à une juridiction qui est, elle aussi, marquée par son histoire. La juridiction d’exception antiterroriste actuelle, issue de la nécessité de suppléer à la Cour de Sureté de l’Etat, juge des militants politiques sans s’extraire de sa propre logique historique. Or l’expression démocratique du peuple corse et la volonté affirmée des organisations politiques, ont permis de franchir un cap important qui est celui du dialogue ainsi que de la construction d’une société épanouie et responsable.

Nous marchons aujourd’hui dans les pas de Pasquale Paoli et avançons sereinement vers une démocratie réelle et retrouvée. Dans cet esprit, éprise de Justice et aussi porteuse d’une Paix que nul n’a jamais su instaurer, Corsica Libera attend de la justice française qu’elle prenne le pas sur l’exception.

Nous appelons l’Etat et l’institution judiciaire à s’extraire de toute logique répressive et à s’engager sur la voie de l’apaisement et du respect de la volonté exprimée par le peuple corse.

NOS MILITANTS SONT L’EXPRESSION INDIVIDUELLE DE CES DECENNIES DE LUTTE. ILS ONT, A CE TITRE, TOUTE LEUR PLACE, AU SEIN DE LEUR PEUPLE ET DOIVENT ÊTRE LIBRES SUR LEUR TERRE !
Corsica Libera espère que ces dernières comparutions judiciaires seront les marqueurs de rapports nouveaux entre Paris et la Corse.
Nous restons particulièrement attentifs à des décisions qui doivent s’accorder aux évolutions de l’Histoire.

 

Partitu di a Nazione Corsa :

« Libertà pè i patriotti !

En maintenant le procès de 8 militants nationalistes, dont Petru Paoli, devant la cour d’assises de Paris, l’état persiste dans le déni du processus de paix engagé en 2014 par le FLNC, et consolidé par l’union du mouvement National, aujourd’hui aux responsabilités.
Il se refuse ainsi à tourner clairement, et résolument, la page de plusieurs décennies de conflits, de souffrances et de drames. Pire encore, il paraît conforter la ligne tracée par M. Macron dans l’île, pourtant unanimement décriée, en bafouant notre volonté d’émancipation et d’apaisement.
Alors même que l’on évoque aujourd’hui, au sein du gouvernement, la possible libération de dizaines de djihadistes incarcérés, nous n’accepterons, pour notre part, aucune condamnation de ces patriotes corses, et moins encore la plus infime des privations de liberté.
Le PNC sera naturellement présent lors de ce procès, et tient à manifester son entier soutien aux militants appelés à comparaître et à leurs familles. »

 

Femu a Corsica :

 

Alain Cacciari

 

 

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