PROFESSEURS EXPATRIES : Sò di stu paese è ci volenu campà !

Comme tous les ans le problème des postes attribués aux corses en France revient sur le devant de la scène.

Alors même que ces derniers sont pour la plupart habilités en langue Corse, les nouveaux certifiés se verront cette année encore affectés dans les banlieues parisiennes. Le « dépaysement » , le désenracinement, demeurent la règle de l’Education Nationale, et si l’ancien recteur (Michel Barat) semblait attentif à cette problématique, elle ne semble ni contrarier ni même intéresser le nouveau.

Gageons du reste qu’un jeune prof, muté loin des siens et de sa terre ne sera pas dans les meilleurs conditions sociales et psychologiques et que son enseignement, lui même, en pâtira.

Les collèges et lycées bilingues, eux, continuent de dispenser de l’enseignement bilingue en adjoignant pour quelques heures un Professeur de Langue et Culture Corses à un professeur de Mathématiques, pendant que les professeurs de mathématiques habilités en langue Corse dispensent leur enseignement en Seine-Saint-Denis…

Tous ceux qui ont fait le choix de l’enseignement bilingue pour s’assurer de rester en Corse se voient notifié le manque de poste en Collège et Lycée bilingues… ce qui sur le terrain ne semble pas se vérifier.

Alors quelle solution ?

Il nous parait urgent aujourd’hui que soit instauré un CAPES régional. Comme pour le CRPE (Concours des professeurs des écoles), ce capes, offrirait autant de places qu’il y aurait de postes disponibles à la rentrée suivante sur la Corse (en filière bilingue et en filière standard). Il permettrait, outre l’arrêt des départs, une formation spécifique à l’enseignement bilingue, nécessaire à l’excellence de l’enseignement bilingue dans le second degré.
Il parait pourtant évident que l’on enseigne pas les maths, l’histoire ou les sciences en bilingue comme en standard. L’enseignement bilingue a ses spécificités souvent prônées et mises en avant par l’Académie, rarement prises en compte.
Le bilinguisme semble donc être pour l’Académie de Corse, ce que le Bouddhisme Zen est à New-York, juste bon pour le teint.

Le transfert de la compétence éducative à la Collectivité de Corse pourrait être une solution à cette revendication naturelle des jeunes professeurs corses.

Stefanu Barbagelata.

 

 

 

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