Quand l’administratif ébranle le politique…et quand la presse s’en mêle

Dans son édition d’hier, corse-matin condamne sans le dire, ce qui ne semble pas ressortir de la plus grande neutralité journalistique, l’Assemblée de Corse, au travers notamment de l’embauche/transfert de l’épouse du Directeur Général des Services (Jean-Louis Santoni) à la CTC. Le DGS, lui même « transféré » de la mairie de Bastia où il fût le DGS de Gilles Simeoni, alors maire.

Les sous-entendus y sont légion :

« En cause : l’embauche, fin 2017, de Sylvie Gasnier en qualité de chargée de mission de catégorie A à la jeunesse et au sport, placée sous la direction de la conseillère exécutive Lauda Guidicelli. »

Et on ne lit que deux paragraphes plus tard que Sylvie Gasnier, fonctionnaire détachée du Ministère des Sports, a été embauchée fin novembre.

Il nous parait plus que tendancieux d’évoquer les choses de cette façon. Il est plus que  facile d’apprécier cet article en imaginant que l’embauche incomberait à Mlle Guidicelli, alors qu’elle ne fut élu au poste de Conseillère Exécutive à la Jeunesse et au Sport… qu’en janvier. Nous attendons des élus une explication en ce sens qui devra bien évidemment blanchir Mlle Guidicelli.

Et qu’en est-il des vraies questions qui auraient pu et du être posées ?

Qui a pris cette décision ? Détachée du ministère de la jeunesse et des sports, les compétences de Sylvie Gasnier seront elles un plus ? Son poste à la mairie de Bastia a-t-il été pourvu, ou son mari lui crée-t-il des postes sur mesures à chacun de ses déplacements sans utilité réelle et sérieuse ?

On parle également de « copinage » plus volontiers que de rapprochement familial, ce qui, du reste se fait dans toutes les administrations de France et de Navarre et ce, pour tous les fonctionnaires. En clair et en substance, nous devons rompre avec le modèle français qui est celui du macronisme où les administratifs sont au pouvoir par l’incompétence des politiques.

Peut-être Jean-Louis Santoni devrait être cantonné à son seul rôle de Directeur Général des Services, ou peut-être devrait il démissionner ?

Il est aujourd’hui important de se référer aux valeurs de transparence et de probité annoncées par l’actuel Président de l’Exécutif.

Sur cette double page de Corse-Matin, on découvre aussi de la part des journalistes des tendances à l’appréciation personnelle et psychologique plutôt qu’à l’enquête journalistique : « Visiblement gêné aux entournures, le STC y voit avant tout la nomination « d’une fonctionnaire d’Etat compétente », »… visiblement gêné aux entournures…

Alors on cite par ailleurs les syndicats qui fustigent le « retard et l’amateurisme », on craint « le manque de transparence » , on se plaint de  » l’organigramme transitoire », on craint en fin que « les dés soient pipés » pour les candidatures d’agent aux postes de cadres, mais le travail journalistique n’imposerait-il pas que soient interviewés également des élus ?
Sommes nous les seuls à penser que la mise en place d’une Collectivité Unique issue des anciens conseils départementaux et de l’ancienne Collectivité de Corse puisse prendre quelques semaines surtout quand les protagonistes de Corse-du-Sud ont été exclus des réunions préparatoires par leur ancien président de département.

Gageons que cette affaire aura encore quelques échos car nous sommes pour le moins habitués aux attaques parisiennes par le biais de leurs médias inféodés, mais l’on peut en tout état de cause s’interroger sur ces articles aujourd’hui, et surtout sur le silence dont ont fait preuve les médias… pendant les mandatures non nationalistes.

Stefanu Barbagelata

 

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