NE JAMAIS RIEN CONCÉDER À L’OUBLI : Une tribune d’Alain Mosconi

Chaque changement sociétal majeur, politique ou simplement de vie, entretient une part d’inconnu et de peur, mais également l’espoir de l’avènement d’une aube nouvelle.

 

Ainsi, un corps social, dans sa masse globale où chaque individualité qui le compose, peut être traversé par un double sentiment constitué tant de l’exaltation d’un lendemain meilleur, que par la crainte de l’inconnu et le risque de perdre « l’acquis ».

 

La crainte de l’inconnu est essentiellement due à deux éléments de base, l’un d’ordre matériel l’autre, dit « d’ordre moral ». Le premier, d’ordre matériel, consacre trop souvent l’argent roi, réside dans une approche comptable de ce qui est détenu, et détermine le volume de capitaux mobilisés ou spéculatifs ainsi que les biens fonciers et immobiliers, mais encore tout autre sorte de patrimoine …. Sa nature peut être privée, mais également publique. Dans tous les cas de figure, une constante s’impose, celle de préserver coûte que coûte le magot, presque de le sacraliser.

 

Le second élément se veut quant à lui « moral », les contours peuvent paraître abstraits, pour autant, le contenu n’en est pas moins prégnant, car il détermine « l’ordre établi ». Celui-ci se décline sous différentes formes évolutives, plus ou moins contraignantes et définit ce qui doit être fait et ce qui reste à faire, en fonction du désidérata des bien-pensants qui ont pour fâcheuse habitude de s’arroger le droit de défendre  «  les libertés fondamentales »,  sans omettre de commencer par les leurs.

 

Ainsi, celui qui domine, le chef d’orchestre, qu’il soit l’état ou le simple lambda, enferme et maitrise dans une relation aliénante reposant sur la dépendance au système établi.

 

Dès lors, comment lutter contre cette force immense ? Comment s’émanciper du joug ? Sans doute en ne concédant rien à l’oubli !

 

En effet, ne jamais oublier les mots, les actes, les idéaux, tout ce qui de nous constituent les fondamentaux. Ne jamais oublier les difficultés que nous avons surmontées, et qui sont autant de fierté que nous pouvons avoir, à l’endroit de notre histoire.

Ne jamais oublier le pas nocturne de l’homme passionné qui, « A mezza a macchja brusgiata », dans un geste d’amour inconditionnel dédié à son idéal, éclairait le ciel et la pensée. Ne jamais oublier non plus la voix de celle, qui sans pudeur, hurle à la face du monde qui l’entoure, un nom synonyme de liberté, celui de l’être dont on l’a privée.

 

Dans ces moments de doute, où tout vacille entre statuquo et avancées historiques, dans une valse d’incertitudes, il me plait à penser que l’évolution tant espérée verra le jour, si nous arrivons ensemble à ne jamais rien concéder à l’oubli, de ce que nous sommes et de ce que nous serons à jamais …. Des âmes éprises de liberté !

 

Alain Mosconi

1 Commentaire

  1. souvenez vous aussi que les corses ont contribué a la libération de notre continent pendant les 2 derniers conflit respect pour ce peuple brave et courageux

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