MANIFESTATION DU 3 FEVRIER : POURQUOI S’Y RENDRE

Que l’on soit partisan de la manifestation ou que l’on y soit opposé, pour des raisons légitimes ou ridicules, l’heure aujourd’hui n’est plus au débat mais bien à la prise de responsabilités.

56,5% des corses ont validé le projet de Pè a Corsica en décembre dernier par leur vote massif pour cette démarche. Parmi eux, des nationalistes, bien évidemment, mais aussi tous les corses qui souhaitaient rompre avec le passé, sauver leur langue, leur culture, leurs villages, leur patrimoine et souhaitaient le transfert de compétences de Paris à la CTC.

Ce sont tous ces électeurs qui sont floués par le déni de démocratie de Paris et pas seulement les partisans et militants de Talamoni ou Simeoni.

En 2014, le FLNC annonçait le dépôt des armes après 40 années de lutte. Là encore, ce geste fort des clandestins annonçait au peuple des jours meilleurs où la lutte de libération nationale se déplacerait sur le seul terrain démocratique.

Aujourd’hui, le jeu de l’Etat (convocations, mises en examen, rapprochements au compte goutte, maintien des statuts de DPS, négation du vote de la grande majorité des institutions de l’île en faveur de l’amnistie) est particulièrement pervers et dangereux.

Alors que la plupart des corses appellent la paix de leurs voeux, l’Etat provoque sans cesse.
C’est aussi pour cela qu’il faut être présent dans la rue samedi. Pour rappeler au gouvernement français que la paix ne peut et ne doit pas être une démarche unilatérale.

Du reste, depuis 2014, les spéculations en tout genre, les appétits féroces de quelques tenants de l’économie locale, l’arrivée massive de non-corses, vont crescendo. Comme certains ont peur du gendarme, d’autres semblent être particulièrement rassuré par la disparition des clandestins du paysage corse… À tous ceux-là, samedi, le peuple doit envoyer un message fort. Le peuple doit marcher dans les rues d’Aiacciu, uni, solidaire, pour leur dire que nous n’abandonnerons jamais les terrains de luttes qui furent ceux du Front, que nous n’abandonnerons jamais nos revendications. Celles qui ont motivé notre vote de décembre. Le statut de résident, seul moyen de freiner la spéculation, la coofficialité de la langue, une des solutions évidentes pour que vive la langue corse, l’amnistie des prisonniers, indispensable au règlement de la question dite corse car éminemment politique, et enfin le transfert de compétences à l’Assemblée de Corse, premier pas vers une autonomie de plein exercice.

Allora pè u rispettu di a demucrazia, pè i nostri diritti è pè a Corsica … falemu sabbatu in carrughju aiaccinu da mughjà à a nostra determinazione da custruisce issu paese.

A populu fattu, bisogna à marchjà ! allora… sabbatu emu da marchjà… tutti inseme !

Stefanu Barbagelata.

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