Présidentielles, Foot, Migrants, Drogue : Le peuple corse se déchire sur des problèmes importés de France

À 6 jours du premier tour de l’élection présidentielle française, jamais le peuple corse ne s’est trouvé à ce point déchiré par des problématiques importées.

La gauche et l’extrême droite corses d’abord, les uns luttant pour sauver la terre des justes quand les autres, perdus dans leurs délires, noyés dans leur bêtise, soutiennent tour à tour identité corse, candidats Front National français, jeunesse corse face aux forces de l’ordre, mais pas face à Marine….

La non-affaire des migrants de Belgudè illustre encore la fracture entre ultra-protectionnistes et humanistes, ou quand un pays de 300 000 habitants se déchire sur l’accueil de … 6 personnes. Là encore la société corse se fourvoie dans l’amalgame à la française, où le matraquage médiatique transformerait le village de Balagne en jungle de Calais.

La drogue, grande oubliée des débats, non pas qu’elle soit un épiphénomène, mais du fait de sa dangereuse marginalisation, crée elle aussi une fracture immense dans la jeunesse corse.
Il y a « ceux qui en prenne », soudés, fêtards, complices et débridés, et il y a les autres : « les natios », « les paysans », « les arriérés ». Là encore, la fracture est énorme, importée par une culture festivalière et électronique… cette nouvelle façon de consommer de la drogue, complètement déculpabilisée, entièrement marginalisée, carrément catastrophique, sépare et fracture profondément la jeunesse corse…

Samedi, SCB-OL, et nous atteignions le summum de la rupture….
Quand le père siffle le fils… quand le père hue le fils… quand le père renie le fils…
Les jeunes de Bastia 1905, hués par la tribune Nord de Furiani. Sans revenir sur le fond du problème, la forme de la fracture est encore nouvelle et paroxystique et montre le niveau de tension au sein de la société corse.

Les tentatives d’apaisement venue de l’assemblée ou d’ailleurs , sont souvent l’objet de railleries d’une part, d’attaques d’autre part. Elles sont décevantes pour les plus radicaux et ignorées par les autres. Il faudra aux élus un long travail de médiation pour colmater les brèches béantes de la société corse.

Le vivre ensemble n’est pas fait que de tolérance mutuelle et de liberté de parole. Il est surtout l’oeuvre de laïcité d’une part, et d’empathie d’autre part, ce qui semble nous faire particulièrement défaut depuis quelque temps.

Rappelons nous peut-être que derrière chaque « facho », chaque « bobo », chaque « natio », chaque « drogué », chaque « abonné » de quelque tribune que ce soit se cache un frère, un cousin, un voisin, un ami… un corse.

Peut-être que notre petit pays a encore les moyens « d’étonner l’Europe »…

Stefanu Barbagelata.

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