Rafle contre les jeunes corses : procès reporté

Le 6 octobre dernier, Nicolas Battini, Ghiseppu Maria Verdi et Stéphane Tomasini, avaient été condamnés à des peines de 8, 6 et 5 ans de prison ferme pour un attentat à la voiture bélier contre la sous-préfecture de Corti en 2012.

La veille du procès, des incidents avaient éclaté entre les forces de l’ordre et une centaine de jeunes gens. Un véhicule de police avait été partiellement brûlé.

Le 15 octobre, une grande manifestation était organisée à Bastia réunissant plusieurs milliers de personnes (lire ici) . Un dispositif policier, que l’on ne voit jamais dans les banlieues françaises, étaient déployés dans toute la ville (vidéo d’internaute)

Après la manifestation, les provocations policières ont commencé dans un bar proche de la préfecture où des consommateurs, qui n’avaient rien à voir avec le rassemblement, étaient gazés alors qu’ils se trouvaient tranquillement attablés en terrasse. Les incidents se sont vite répandus aux abords de la Place Saint Nicolas.

Ce lundi, une vague d’interpellations avait lieu et hier 11 jeunes corses avaient été déférés dans l’enquête sur ces débordements.. 10 jeunes ont été placés en détention provisoire et passaient aujourd’hui en comparution immédiate. Cet après-mi, les dix prévenus ont demandé le renvoi du procès, afin de leur laisser le temps de préparer leur défense, ce qui a été accordé par la présidente malgré la volonté du procureur de la République qui demandait la détention pour deux d’entre eux.. Ils ont été laissés en liberté et placés sous contrôle judiciaire en attendant leur procès, procès qui a été reporté au 9 mars, 14h.

La Ghjuventù Indipendentista avait dénoncé hier : « Le procureur Nicolas Bessone est au centre de la répression frappant actuellement la jeunesse corse. Ce-dernier, animé par son carriérisme, démontre chaque semaine sa volonté ferme et arrêtée de mettre à genoux la jeunesse de notre pays »  ‘La stratégie de la tension dont il est l’instigateur n’a que trop duré. »

Dans un communiqué, le Président de l’Assemblée de Corse déclarait hier: « je tiens à rappeler que le mouvement national et les autorités publiques de la Corse ont apporté une contribution déterminante à une situation d’apaisement que d’aucuns s’emploient à déstabiliser. »

C’est la question que tous les Corses se posent depuis la victoire des nationalistes aux dernières élections. Lorsque l’on sait que plus de 25 véhicules sont incendiés, chaque nuit, dans la seule Seine Saint de Denis … on ne peut que douter de la volonté du gouvernement de voir une Corse apaisée.

 

Alain Cacciari

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