Avertissement aux candidats acheteurs de biens immobiliers en Corse

Depuis plusieurs dizaines d’années, le mouvement indépendantiste corse s’est prononcé pour un statut de résident réservant l’achat de biens immobiliers aux acquéreurs en mesure de justifier de plus années de résidence dans l’île. Cette mesure a pour objectif de combattre la spéculation et la dépossession immobilières qui privent les Corses de l’accès à la propriété dans leur pays.

Il y a seulement 5 ans, la plupart des observateurs estimaient que ce statut de résidents ne serait jamais demandé officiellement par les institutions corse « légales ». Pourtant, le 26 avril 2014, l’Assemblée de corse l’a fait à travers un vote acquis à une large majorité. Observons que ce vote a eu lieu avant même la victoire électorale des nationalistes et que c’est une majorité de gauche « traditionnelles » qui l’a permis.

En décembre 2015, une liste d’union entre les autonomistes et les indépendantistes remportait les élections. Les indépendantistes participent pleinement à présent au gouvernement de la Corse et un indépendantiste préside l’Assemblée de corse.

Aussi, la mise en œuvre des orientations politiques défendues par les indépendantistes sera très probablement à l’ordre du jour dans les mois et les années qui viennent.

Afin que chacun sache à quoi s’en tenir, nous tenons à apporter les précisions suivantes :

Certes, sur le plan juridique, le statut de résident (5 ans de résidence à titre permanent dans l’île pour pouvoir acheter un bien immobilier, sauf pour les Corses de la diaspora) ne s’applique pas à l’heure actuelle.

  • Mais nous tenons à dire que pour notre part, nous considérons que la décision de l’Assemblée de corse est parfaitement légitime politiquement. Aussi, ceux qui ont acquis depuis ce vote un bien immobilier dans l’île ou ceux qui comptent le faire dans les temps à venir, violent délibérément la volonté exprimée démocratiquement par les institutions corses.
  • Nous tenons donc à prévenir les candidats acheteurs que nous engagerons dès que nous en aurons la possibilité une démarche d’expropriation de tous les biens immobilier acquis en Corse depuis le 24 avril 2014 par des personnes physiques ou morales ne remplissant pas les conditions posées par la délibération de l’Assemblée de corse.
  • Nous demandons à l’ensemble des professionnels intervenant dans le secteur de l’immobilier (notaires et agents immobilier notamment) d’informer les candidats acheteurs non résidents du caractère extrêmement risqué de l’acquisition projetée, et ce conformément à leur devoir de conseil.
  • Quand à nous, nous prévenons solennellement les acheteurs étrangers à la corse : n’écoutez pas ceux qui vous disent que l’acquisition est sûre en l’état du cadre légal actuel. Car compte tenu des évolutions politiques enregistrées en Corse ces dernières années, il est probable que ce cadre juridique sera considérablement modifié dans les mois et les années à venir. Pour notre part, nous ferons tout pour remettre en question l’ensemble des acquisitions postérieurs au 24 mars 2014.

 

Rappelons pour finir que cet avertissement n’émane pas d’un mouvement politique d’opposition mais de l’une des deux composantes de l’actuelle majorité corse.

« Demain, nous ferons évoluer le cadre actuel, vers toujours plus de prérogatives pour le gouvernement de la Corse. Nous parviendrons à légiférer dans des secteurs sensibles comme la validation de certaines transactions immobilières.

Toutes celles qui se seront effectuées en dehors du cadre que nous considérons déjà aujourd’hui comme légal, seront annulées. Personne ne pourra invoquer un exercice rétroactif de ces décisions, puisque, pour notre peuple, ces lois sont désormais les nôtres.

Ceux qui n’auront pas tenu compte des notions de statut de résident et de citoyenneté corses pour réaliser leurs acquisitions seront expropriés.

Depuis le 26 janvier dernier, la propriété de la SCI Santa Catalina est mise en vente dans une agence immobilière bastiaise, pour la modique somme de 2 115 000.00 €.

 

Nous avons retrouvé un article de A Piazzatta, en date de janvier 2012, où la même propriété était vendue à 3 300 000 d’€uros …

Nous avons la faiblesse de penser que la conférence de presse de Corsica Libera n’y est pas pour rien. Dans ce cas bien précis, la véritable solution serait une expropriation pure et simple :

 

 

Le 14 janvier dernier, Corsica Libera tenait une conférence de presse revenant sur l’annulation de l’AFP de Siscu et sur les solutions politiques qui permettraient d’empêcher ce type de situation, à savoir le statut de résident, et au-delà la définition d’un statut de citoyen Corse.

Yann Streiff est le gérant de la SCI Santa Catalina société civile immobilière en activité depuis 16 ans, spécialisée dans la location de terrains et d’autres biens immobiliers dont l’ancien couvent Santa Catalina. Cet avocat, plus que controversé, malgré les réseaux d’influence qu’il a  l’habitude d’utiliser, n’hésite pas à affirmer péremptoirement dans les médias que « avec la connivence des services de l’État, la maitrise du foncier en Corse est transférée aux intérêts nationalistes et aux milieux affairistes via le dévoiement d’un outil juridique très spécial que sont les AFP. On détourne de leur objet initial ces associations pour confier la maitrise foncière aux intérêts d’un groupement de personnes. A Sisco, une AFP xénophobe a été mise en place, tous les projets des non corses ont été refusés. »

« Combien de temps allons-nous continuer de subir, dans notre pays, ce genre d’attitude, de la part de ceux qui ont la prétention de nous apprendre à vivre, tout en niant le droit à l’existence de notre peuple ? ».

Vidéo de la conférence de presse de Corsica Libera, le 14 janvier, au couvent Santa Catalina.

 

3 Commentaires

  1. suis d;accord sur le principe.ayant vecu 30 en corse et ayant de la famille a chaque fois que je reviens je ne reconnais plus le vecu de mon enfance.on ne peut rien contre le modernise mais gardons au moins ce littoral si magnifique.

  2. A l’époque ou il est triste de voire les régions de France dématérialisées et rebaptisées au nom de n’importe quoi,il est bon de savoir qu’il existe encore des personnes qui se battent pour sauver l’âme de leur pays.

  3. tout à fait d’accord avec vous mais j’attends pour voir si les personnalités hommes politiques chanteurs ou autres seront aussi tenus à cette législation dans ce cas je vous dirai bravo….

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